L'enquête PISA 2025 vient de tomber : la France atteint son plus bas niveau depuis 2000 en lecture et en mathématiques. Derrière les gros titres, il y a des explications très concrètes — et des leviers que vous, parents, pouvez activer dès cette semaine.
Chaque début septembre, on parle de la rentrée. Cette année, on parle aussi des résultats des élèves français. L'OCDE a publié le 8 septembre l'enquête PISA 2025, qui mesure les compétences des jeunes de 15 ans dans 91 pays. Et le constat est sans appel.
📉 Ce que disent vraiment les chiffres
Trois chiffres suffisent à comprendre :
- Lecture : 456 points, contre 505 en 2012.
- Mathématiques : 458 points, contre 484 en 2012.
- Sciences : 483 points, contre 499 en 2012.
Autrement dit, la France n'a jamais obtenu d'aussi mauvais résultats depuis la création de cette enquête. Elle se classe 34e en mathématiques sur 91 pays, tout en restant dans la moyenne de l'OCDE — c'est surtout la tendance qui inquiète.
Pour rendre ces points parlants : l'OCDE estime que 20 points représentent environ une année de scolarité. Entre 2012 et 2025, la France a donc perdu près d'une année et demie en lecture et un peu plus d'une année en maths. Ce n'est pas un accident de parcours, c'est un glissement long.
🔍 Pourquoi ça baisse : trois explications, dont une qui vous concerne
1. Le soutien familial s'est affaibli. C'est un point que le rapport met en avant. En 2025, 63 % des élèves français déclarent que leurs parents leur demandent au moins une fois par semaine ce qu'ils font à l'école. Ils étaient 74 % en 2022. De la même manière, 34 % disent que leurs parents parlent avec eux des problèmes rencontrés en classe, contre 48 % il y a trois ans. Or l'OCDE le rappelle : un soutien familial régulier est associé à de meilleurs résultats dans la quasi-totalité des pays. Rien de culpabilisant là-dedans — juste une réalité : ces trois dernières années ont été éprouvantes pour beaucoup de familles, et le quotidien scolaire s'est un peu effacé.
2. Le numérique est partout — mais tout dépend de l'usage. Les élèves français sont 37 % à utiliser un chatbot d'IA au moins une fois par semaine pour apprendre. Le rapport observe que les élèves les plus performants en sciences sont ceux qui utilisent l'IA le moins souvent — mais il observe aussi qu'un usage modéré des outils numériques pour apprendre est associé à de meilleurs résultats. La différence ne se joue donc pas sur l'outil : elle se joue sur la personne qui encadre son usage.
3. Les heures perdues se sont multipliées. En 2015, 17 % des chefs d'établissement déclaraient manquer d'enseignants. Ils sont 45 % en 2025. Un cours non assuré, un remplacement qui n'arrive pas : ce sont des chapitres entiers qui partent en fumée — et souvent ceux qui fondent la suite du programme.
Il y a enfin un dernier chiffre, contre-intuitif : depuis 2015, la baisse la plus forte s'observe chez les élèves les plus favorisés (38 points de moins en maths, contre 22 chez les plus défavorisés). Traduction : le décrochage n'épargne plus personne. Il ne suffit plus d'habiter le bon quartier ni d'être dans le bon établissement.
🧒 Concrètement, comment savoir si votre enfant décroche ?
On n'attend pas le bulletin catastrophique. Ce sont souvent des signaux discrets :
- Il met beaucoup plus de temps que prévu sur ses devoirs, ou les repousse jusqu'au dernier moment.
- Il dit « je suis nul en maths » (ou en français, ou en anglais) — la formule est un aveu, pas une plaisanterie.
- Il a besoin de vous pour tout relire, mais jamais pour réviser seul.
- Il bloque sur les consignes longues, les énoncés de plusieurs lignes, les textes de 400 mots.
- Il panique le jour du contrôle alors qu'il « savait » la veille.
Aucun de ces signaux, pris seul, ne veut dire que tout est perdu. Mais trois d'entre eux réunis, sur plusieurs semaines, indiquent qu'il a besoin d'un coup de main maintenant — pas en juin.
✅ Ce qui fait réellement progresser un élève
Le rapport de l'OCDE donne aussi des pistes qui ne coûtent rien et qui fonctionnent :
Reprendre la lecture, tous les jours, sans exception. En France, c'est en compréhension de l'écrit que la chute est la plus violente : 18 points perdus depuis 2022. Or la lecture est la compétence qui sert à toutes les autres matières. Vingt minutes par jour, sur un texte qui lui plaît, valent mieux qu'une heure forcée.
Poser une question simple le soir. « Qu'est-ce que tu as compris aujourd'hui ? » plutôt que « ça s'est bien passé ? ». La première question oblige à reformuler, et reformuler, c'est apprendre.
Encadrer le numérique au lieu de le diaboliser. Interdire frontalement ne marche pas. Ce qui marche : un adulte qui demande « montre-moi comment tu t'y es pris » — et qui repère quand l'outil réfléchit à la place de l'enfant.
Sécuriser l'essentiel avec un adulte régulier. C'est le point que nous constatons chaque jour chez Educaschool : ce qui débloque un élève, ce n'est pas une méthode miracle ni une vidéo de plus. C'est un adulte qui s'assoit à côté de lui, semaine après semaine, qui connaît son programme, qui sait où il a décroché, et qui lui redonne le droit de se tromper. Un cours particulier, ce n'est pas un pansement sur une mauvaise note : c'est une heure où l'enfant peut enfin poser la question qu'il n'ose pas poser en classe.
Pour conclure
Les résultats PISA 2025 ne se régleront pas par un décret. Ils se régleront élève par élève, dans les familles, avec des adultes présents et patients. Le rapport le dit lui-même : ce n'est pas l'outil qui compte, c'est l'accompagnement.
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Sources : OCDE, Résultats du PISA 2025 (Volume I), publiés le 8 septembre 2026 — note pays France ; 20 Minutes, France Info, Public Sénat, RFI (8-9 septembre 2026).